«N'allez pas croire qu'il ne sait pas où il va.» Les proches de François Hollande se veulent toujours plus rassurants sur la supposée maîtrise stratégique du président de la République concernant sa capacité à gouverner le pays. Et in fine de son avenir personnel à l'Elysée, puisque depuis le début de son mandat, François Hollande a lié un éventuel second mandat à la baisse du chômage. De fait, le Président se retrouve soumis à un double calendrier. Le sien d'abord, puisqu'il lui reste un an pour cocher dans sa to-do list tout ce qui lui permettra de se présenter à l'élection présidentielle en 2017 : inverser la courbe du chômage, choisir entre le centre et son aile gauche, baisser les impôts comme promis ou encore réformer le code du travail.
Il y a un autre calendrier, international, qui s’impose à lui, à travers le drame des réfugiés venus de zones de conflits dont on ne voit pas l’issue. Dans le premier cas, on voit bien que le Président va faire du Hollande, attendre que les choses se décantent avant d’avancer ses pions, surtout ne pas se précipiter avant de prendre une décision qui vaudra engagement dans une élection qui se jouera plus que jamais au premier tour. Dans le second cas, cette position attentiste est destructrice. Si la conférence de presse de ce lundi sera l’occasion de donner une nouvelle orientation à la stratégie militaire en Irak et en Syrie, on peut regretter que la France n’ait pas plus tôt affirmé une position claire et plus engagée concernant l’accueil des réfugiés. Une solution concertée, qui paraissait impossible à mettre en œuvre il y a peu, semble désormais accessible, mais on ne peut pas dire que François Hollande aura été le moteur de ce changement. Stratège de l’attente d’un côté, suiviste de l’autre, ce n’est pas fait pour donner de lui l’image d’un leader, condition indispensable d’un candidat à la présidentielle.




