Hollande l'a annoncé jeudi devant le Congrès annuel HLM de Montpellier : le gouvernement va sévir contre les maires qui ne respectent pas la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU). Ce texte oblige toutes les communes de France de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France) à avoir un quota de 25 % de logements sociaux dans un objectif de mixité sociale. Près d'un millier de communes sont en dessous de ce palier et sont tenues de construire des HLM pour rattraper leur retard. La loi SRU adoptée en décembre 2000 leur donne vingt ans. Mais force est de constater que des communes «carencées», selon l'expression du président de la République, font de la résistance.
Vendredi, le ministre de la Ville, Patrick Kanner, s'est ainsi rendu à Ormesson, dans le Val-de-Marne, l'une des communes cancres de la loi SRU. But de la visite : «créer un électrochoc» dans cette ville qui ne compte que 1,7 % de HLM, autrement dit 80 logements sur un total de 4 000. «Chacun doit prendre sa part. J'espère convaincre avant de contraindre», a dit le ministre. Ormesson n'est pas un cas isolé. Sur le millier de communes concernées par la loi, près du quart ne font aucun effort pour arriver au quota de 25 %. A Montpellier, le président de la République a annoncé que dès le mois prochain, Manuel Valls dressera «la liste des communes carencées» pour leur mettre la pression. «Une politique de préemption [des terrains à bâtir, ndlr] sera engagée par l'Etat qui délivrera lui-même les permis de construire et réalisera les logements nécessaires.» L'Etat reprendrait ainsi la main face aux cancres.




