Une trentaine de personnes relogées après les évacuations des campements du Nord parisien ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de vie. Cela fait trois mois qu'ils vivent dans ce centre d'hébergement d'urgence situé rue Saint-Pétersbourg, à deux pas de la place de Clichy, dans le XVIIIe arrondissement. «Nos démarches pour avoir le statut de réfugié n'avancent pas, on n'a pas de tickets pour prendre le métro et personne ne nous a donné de cours de français», résume un Soudanais de 20 ans. La grève s'est déclenchée après un incident survenu au cours du week-end dans ce centre géré par l'association Aurore. Selon un occupant, un des employés travaillant à la cafétéria «a eu des mots très durs» samedi soir envers l'un des migrants.
La direction du centre d’hébergement travaille à la rédaction de lettres individuelles qui seront remises à chaque gréviste de la faim. Objectif : améliorer les conditions d’accueil et favoriser le dialogue avec les occupants. Les cours de français devraient reprendre d’ici peu, une fontaine à eau supplémentaire sera mise en service dans un espace commun et un migrant pourra intégrer prochainement le conseil de vie sociale de l’établissement. Parallèlement, l’association Aurore se fait l’écho des occupants et relaie auprès des pouvoirs publics leur demande d’obtenir des titres de transport et de voir les procédures d’asile s’accélérer.
Les migrants se demandent si cet hébergement temporaire n'a pas déjà duré trop longtemps. Un réfugié explique : «Je ne peux pas circuler librement. Depuis que je suis arrivé ici, j'ai cumulé plus de 15 amendes dans les transports, car je n'ai pas de quoi me payer un ticket de métro.» Le responsable d'Aurore, François Morillon, est désemparé : «Je n'ai pas l'argent pour acheter des titres de transport», a-t-il lâché lundi soir, lors d'un échange improvisé sur le trottoir avec les grévistes de la faim et leurs soutiens. Une impuissance qui irrite aussi les militants venus en solidarité avec les migrants.




