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Droit de suite

Soupçons de discrimination à l’encontre d’étudiants israéliens : le parquet classe l’affaire

Un groupe de l'Université de Tel-Aviv s'était vu refuser des créneaux pour visiter la Sainte-Chapelle et le Louvre.

«Nous n’avons pas de disponibilité pour le créneau demandé», a répondu le Louvre a la demande des étudiants israéliens. (Photo Lionel Bonaventure. AFP)
Publié le 08/10/2015 à 16h58

«Aucune infraction n'a été constatée» : le 7 août , le parquet de Paris a classé sans suite le dossier de supposée discrimination à l'encontre d'étudiants israéliens. Rappel des faits : le 11 mai, le professeur Sefy Hendler décide d'accélérer les préparatifs du voyage à Paris d'un groupe de douze élèves en histoire de l'art à l'université de Tel-Aviv. Il écrit aux services de réservation du Louvre et de la Sainte-Chapelle, qu'il compte faire visiter à ses étudiants.

Les réponses sont négatives, aucun créneau n’étant apparemment disponible. Intrigué, le professeur Hendler décide de tenter un «testing» et formule deux nouvelles réservations. L’une au nom d’un «institut de l’art» à Florence, l’autre pour le compte de l'«Abu Dhabi Art History College». Deux institutions fictives, mais qui reçoivent, elles, des réponses à la fois rapides et positives.

«Rappel à la règle»

«Bouleversé», «choqué», il alerte François Heilbronn, président des Amis français de l'Université de Tel-Aviv, qui rassemble les différentes pièces du dossier. L'affaire remonte jusqu'aux services de Fleur Pellerin, ainsi qu'au parquet de Paris. Qui estime toutefois que les deux institutions concernées - Louvre et Sainte-Chapelle - n'ont commis aucune discrimination. Si les réservations ont échoué, c'est en raison d'un système «automatisé» et des «aléas dus aux horaires de visite».

Bénédicte Lefeuvre, directrice générale du Centre des monuments nationaux, dont dépend la Sainte-Chapelle, parle d'une «conjonction de hasards malheureux» et explique que la responsable du service de réservations en a été quitte pour un «rappel à la règle» : «Il n'y avait pas de quoi nourrir une procédure disciplinaire à son encontre.»

De son côté, François Heilbronn n'en démord pas. Il continue de dénoncer pour la Sainte-Chapelle «une discrimination patente d'étudiants israéliens» et déplore que le parquet n'ait pas demandé au professeur Sefy Hendler «des preuves flagrantes de ce délit pénal, pourtant à sa disposition». Il espère toutefois que cette affaire servira «d'alerte» pour «qu'aucun fonctionnaire ne fasse de discrimination sur la base de la nationalité».

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