«Respirer reste possible, mais le temps pour agir est court avant la suffocation définitive. Autour de moi, je vois une mobilisation des individus, mais pas des partis politiques : silence de mort sur les grands sujets pour, encore et toujours, surfer sur les tendances. Pourtant, le tout-venant (ceux qu’on appelle "les gens", en les mettant à distance) a plus de ressort que ceux qui les représentent ne veulent l’imaginer.
«Penser. Conceptualiser. Il s’agit de prendre de la distance intellectuelle, mais pas physique : il faut, pour produire des idées, être à l’écoute, fréquenter le terrain. Parler avec ceux qui n’ont pas le pouvoir et pas en leur nom est une urgence. Il est urgent aussi de leur donner accès à de meilleures informations. Produire pour tous les Français une pensée conceptuelle de notre monde globalisé. Tout cela, en ayant conscience que cette respiration est courte et qu’il faut se préparer au pire pour 2017. Aujourd’hui, plus que jamais, penser est un art de combat.»
Auteur de «Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ?», aux PUF.




