Petite, je rêvais de participer aux Z'amours. Plus fort qu'un «Oui, je le veux», c'était pour moi la consécration d'un amour, l'apothéose de la vie à deux, la validation du couple par Jean-Luc Reichmann, héros télévisuel de mon enfance. Primaire, collège, lycée… Je nous imaginais, Edouard, puis Fabien, ou bien Joan et moi, accomplissant le premier sans-faute de l'histoire du jeu, repartant avec un voyage aux Bahamas et la preuve ultime que nous étions des âmes sœurs. Je bassinais mes parents à longueur de journée ; je ne comprenais d'ailleurs pas pourquoi ils n'avaient jamais envoyé leur candidature. Ah ! l'innocence, l'inconscience de la jeunesse ! Mon père a déjà du mal à se souvenir de leur anniversaire de mariage, alors l'interroger sur la pizza préférée de ma mère ou la couleur de son premier vélo aurait sans doute provoqué leur divorce en direct sur France 2. Ils se sont épargnés de mourir de honte chaque année en revoyant la débâcle de leur couple dans un bêtisier de Noël. Mais, et j'ose à peine l'avouer, malgré les années et les déceptions, il y a toujours en moi cette petite fille persuadée que l'homme de sa vie devra connaître le nom de son premier hamster. Heureusement que Jean-Luc est parti sur TF1.
Critique
Impossibles «Z’amours»
Publié le 20/10/2015 à 17h57
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