Double rebond dans l’affaire «Air Cocaïne». Dix jours après leur exfiltration mouvementée, Pascal Fauret et Bruno Odos ont été interpellés lundi puis placés en détention provisoire dans l’attente de leur audition. Ils s’attendaient à une convocation mais la juge a préféré leur envoyer les gendarmes au petit matin. Arrêtés en 2013 à Punta Cana (République dominicaine) à bord d’un Falcon 50 contenant 680 kg de cocaïne, ils doivent être entendus mardi et mercredi par la magistrate, qui décidera alors de les laisser ou non en détention.
Ironie du calendrier : au moment où les pilotes étaient interpellés, plusieurs élus LR s'insurgeaient sur les ondes du sort réservé à… Nicolas Sarkozy. La veille, le JDD «révélait» que l'ancien président avait été ciblé par l'enquête marseillaise, la juge ayant exploité ses fadettes et géolocalisé son téléphone durant deux mois. Des informations en fait publiées il y a un mois dans un livre (1). A l'époque, la juge enquêtait sur trois vols affrétés pour le compte de l'ancien président par la société de son ami Stéphane Courbit, dont un dans le Falcon 50. Aucun lien avec la coke, mais de forts soupçons d'abus de biens sociaux qui justifieront l'ouverture d'une information judiciaire distincte. La preuve d'un «acharnement judiciaire» pour les proches de Sarkozy.
Ce dernier n'étant à ce stade ni mis en examen ni témoin assisté, il ne peut demander l'annulation des actes d'enquête, sauf à pousser le parquet à saisir la chambre de l'instruction. Ce que vient de faire Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, en annonçant son intention d'écrire au procureur de Marseille pour «demander des explications».
(1) «L'Affaire Air Cocaïne», de Marc Leplongeon et Jérôme Pierrat.




