«BNP Paribas-Personal Finance ne commente pas une procédure judiciaire en cours et nous ne commentons pas dans la presse la déposition d’un témoin dans le cadre de cette même procédure judiciaire.»
Sollicité jeudi par Libération, BNP Paribas-PF n'a pas souhaité réagir au témoignage de Nathalie Chevallier. Cette ancienne directrice régionale au sein de la banque a raconté à la juge Claire Thépaut comment Helvet Immo avait été lancé sans tenir compte de ses alertes sur les risques liés à ce prêt, souscrit en francs suisses mais remboursable en euros (lire ci-contre). Toute appréciation de la monnaie helvétique face à la devise européenne se traduit par une hausse du capital à rembourser. Entendu le 10 juin, Thierry Laborde, alors directeur général de cette filiale de la BNP, a défendu la stratégie de la banque. Les risques de ce prêt «étaient clairement stipulés dans l'offre […] que recevait le client. Il suffisait de lire l'offre pour voir qu'il y avait effectivement un risque lié au taux de change».
Aucun emprunteur «ne pouvait ignorer ce qu’il faisait», a-t-il précisé. S’agissant des dérives inquiétantes de ce prêt, dont le capital à rembourser ne cesse d’augmenter depuis six ans, Thierry Laborde a estimé que «l’ampleur du décrochage [de l’euro face au franc suisse] n’était pas prévisible». Concernant les intermédiaires d’opérations bancaires (IOB) qui ont commercialisé Helvet Immo, le dirigeant a également pris ses distances. «La banque n’acceptera pas, au vu de l’information délivrée aux IOB, le grief d’avoir volontairement trompé le client».
En avril 2015, la magistrate a mis en examen BNP Paribas-PF en tant que personne morale «pour pratique commerciale trompeuse». Suite à l’audition de Thierry Laborde, elle a décidé d’une mise en examen supplétive en raison des omissions de la banque. Le témoignage de Nathalie Chevallier, livré mi-septembre, devrait entraîner de nouvelles auditions dans ce dossier, la juge cherchant à démêler les responsabilités des uns et des autres.




