Dix ans après les émeutes de Clichy, Raphaële Benisty est retournée à la rencontre de ceux qui ont participé de près ou de loin à ces événements. Que sont-ils devenus ? Quel regard portent-ils sur cette colère qui a éclaté après la mort de Zyed et Bouna ? «Cela a été vu comme une émeute ; pour nous, c'était une révolution», explique l'un d'entre eux. 2005 a été un tournant : «On sentait que ça pouvait exploser, on faisait des études en sachant que ça ne servait à rien.»
Tous ont grandi désormais, ils habitent toujours Clichy ou La Courneuve, occupent des fonctions proches des jeunes, parlent, débattent et jouent beaucoup les grands frères. Rien n'a vraiment changé et pourtant le regard qu'ils portent sur le monde est toujours engagé et préoccupé par l'avenir de cette prochaine génération : «Il faut arrêter de subir, nous n'avons pas été préparés. Aujourd'hui on fait de la politique, mais par défaut. Il faut que les jeunes puissent reprendre le flambeau de manière plus naturelle.»
Mais on sent poindre la désillusion et le ras-le-bol de ne pas être considéré de la même manière qu’ailleurs. La colère est peut-être partie, les maux sont restés.




