Ce documentaire est un modèle du genre. L'antithèse des Appels d'urgence criards et outranciers. Killing Time joue sur la lenteur, en allant au même rythme que les scènes qu'il capte, il saisit le temps qui s'étire dans les regards d'hommes qui se cherchent.
Nous sommes à Twentynine Palms, ville californienne qui accueille une vaste base de marines, et où Lydie Wisshaupt-Claudel a filmé les soldats de retour d'Irak et d'Afghanistan. Elle les suit dans leur famille, chez le coiffeur, dans une salle de gym, chez le tailleur pour faire retoucher leurs uniformes, et lors de leurs soirées quand ils se retrouvent pour essayer de parler d'autre chose. «J'ai subi 27 fusillades en 23 jours, raconte l'un d'eux à son tatoueur. Le problème, c'est qu'une fois rentré, tu as le temps de cogiter, il y a l'alcool, et les problèmes commencent.» Ça ne l'empêche pas de vouloir se faire embaucher par une société de sécurité privée pour retourner sur le terrain.
Pas de voix off, pas de question, on peut ressentir ce calme qui les rassure, cette solitude qui leur pèse, ce départ qui se rapproche et qui laissera la vie reprendre son cours normal. Une vie au rythme des annonces de morts au combat sur les radios locales.




