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Libération
éditorial

Confiance

Publié le 22/11/2015 à 19h36

La scène se passe à l’Assemblée, le mardi suivant les attaques à Paris et Saint-Denis. On peut y voir des leaders de droite éructant contre le gouvernement devant les caméras, et désolant jusqu’à leur propre camp. Au moment où la campagne pour les régionales va reprendre malgré tout, voici une image politique que personne n’a envie de revoir dans les quinze jours qui vont précéder le premier tour.

Car ses effets ne sont pas désastreux seulement pour LR. Avant les attentats du 13 novembre, l’issue de ce scrutin était écrite : une victoire du Front national dans au moins deux régions. Alors que les événements de janvier n’avaient eu que peu d’incidence sur les départementales qui avaient suivi, la donne a-t-elle désormais changé ?

D’un point de vue politique, c’est une équation à peu d’inconnues qui va se jouer : le Front national n’a pas grand-chose à changer pour dérouler sa campagne entre tout-sécuritaire et enjeux locaux, et donc labourer le terrain qu’il préfère, la peur de l’autre ; le PS jouera débat national et unité en tentant de répondre aux aspirations du plus grand nombre ; et entre les deux, la droite, sous la menace d’un effet ciseau, peine à trouver le bon discours et risque de perdre sur tous les tableaux.

Ce qui doit nous préoccuper, c’est le score que réalisera l’abstention, promise encore il y a peu à des records. Car même s’il s’agit d’un scrutin local qui peut paraître loin de la tragédie que nous traversons, nous pourrons y lire ce qu’il reste de confiance dans la parole politique. Et ce ne sont pas les gesticulations outrancières qui vont contribuer à lutter contre cette tendance qui fait évidemment le jeu de l’extrême droite. La responsabilité des politiques se lira d’abord dans leur capacité à amener leurs électeurs à voter.

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