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Mettre ses ovocytes au frais ? La France aux fraises

Selon un sondage inédit, les Français – soi-disant bien informés – sont opposés à la légalisation de la vitrification des ovocytes pour des raisons non médicales.

Ovocytes au microscope. (Photo DR)
Publié le 03/12/2015 à 15h12

Question : les Françaises (et les Français) qui font des bébés de plus en plus tard et accusent une chute de fertilité à partir de 35 ans (merci la nature !), savent-elles que sous des cieux plus cléments que ceux de la France, elles peuvent mettre leurs ovocytes au congélo ? Oui, savent-elles que grâce à une technique nommée vitrification (une congélation ultrarapide), ils sont ainsi préservés et réutilisables ? Eh bien, à en croire les résultats d'un sondage

«inédit»

commandé et révélé hier par la clinique espagnole Eugin, qui offre cette possibilité d’«autoconservation» (moyennant quelque 2 000 euros pour des ovocytes stockés pendant 4 ans, sans compter les traitements attenants), la réponse est oui. Oui : 81% des femmes (et plus globalement 7 Français sur 10) en ont déjà entendu parler, assure l’institut de sondage Odoxa (1). Mieux, une grande partie de la population (2 Français sur 3) saurait que dans l’Hexagone, la vitrification de ses ovocytes est interdite, sauf indication médicale précise (comme un traitement anticancéreux pouvant nuire à la fertilité), alors que de nombreux pays européens autorisent cette pratique à toutes. Bizarre, ce bel étalage de connaissances, quand de nombreux spécialistes – comme le Collège national des gynécologues et obstétriciens français –évoquent plutôt un cruel manque d'information sur cette technique qui, sans être la panacée universelle (comme dans la vie normale, les grossesses futures ne sont pas garanties à 100%) pourrait aider les femmes. Mais passons.

L'âge moyen des candidates : 39 ans

Si les Français sont donc des gens bien au fait des avancées de la science, 6 sur 10 restent cependant hostiles à la légalisation de l’autoconservation pour des raisons non médicales. Même chez les 30 à 45 ans (les plus concernés a priori), seuls 49% y seraient favorables. En tête des arguments négatifs: un risque de sélection des embryons, une exploitation commerciale de la détresse de la femme, et le côté contre-nature du procédé. Paradoxalement, plus de 1 Français sur 2 comprend que des femmes partent à l’étranger pour s’offrir cette assurance contre le temps qui passe. Encore plus paradoxal, 44% de cette population prétendument bien informée pensent que les femmes qui souhaitent mettre leurs ovocytes à l’abri sont… homosexuelles. Et/ou très soucieuses de leur carrière, ou de profiter de la vie avant de faire des enfants.

Si l’on ne dispose pas de statistiques fiables sur celles qui partent à l’étranger (Espagne, Belgique...), le profil des clientes françaises d’Eugin est le suivant : à 97%, il s’agit d’hétéros sans partenaire. Diplômées, et travaillant dans le monde de la santé (16%), de la finance (11%), du management (10%). Juste un hic : leur âge moyen est de 39 ans, quand les spécialistes de la fertilité, recommandent de faire ça avant 35 ans. Un manque d'information sur cette question ?

(1) Enquête réalisée par internet les 5 et 6 novembre 2015 après de 1001 Français de 18 ans et plus.

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