En inscrivant dans la Constitution la déchéance de nationalité - notamment pour les binationaux nés en France -, François Hollande tente un coup politique à entrées multiples : réaffirmer son autorité, soutenir une mesure plus populaire dans l'opinion que dans son camp et prendre la droite à son propre piège en l'obligeant à supporter cette disposition plébiscitée par les franges les plus conservatrices. Les voix qui s'élèvent à gauche (lire pages 10-11) augurent d'un coût interne plus important que prévu. Bien sûr, on a entendu les habituels «frondeurs», mais peut-on encore se limiter à cette étiquette tant la colère semble toucher des questions plus fondamentales. Il ne s'agit pas juste d'une fronde mais d'un malaise profond qui frappe jusqu'à la base. L'argumentaire envoyé aux députés PS pour défendre ce choix du Président et de son Premier ministre n'a pas provoqué l'effet escompté. Et la leçon sur «cette gauche qui s'égare aux noms des grandes valeurs» donnée par Valls dans le JDD a même produit l'effet inverse. En voulant sortir des «cadres habituels» pour chercher l'union nationale, Hollande a surtout réussi pour le moment à unir son propre camp contre lui.
Éditorial
Déchéance : quel coût politique ?
Publié le 27/12/2015 à 19h51
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