S’il s’agissait de rebattre les cartes, on peut dire que le jeu est bien étalé, avec une gauche et une droite tout aussi éparpillées dans leurs convictions. Seule certitude, celle ne plus en avoir. Sauf une, peut-être : inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité notamment pour les binationaux nés en France n’est pas de nature à empêcher de futurs attentats. Pour le reste, tout ce qui constituait des repères vole en éclats. Comme l’idée d’union nationale. Et la petite phrase de Valls sur cette gauche qui s’égare au nom des grandes valeurs a achevé de déboussoler son propre camp plutôt que de convaincre. Le contexte justifie-t-il de renoncer à ce qui constitue un socle commun d’engagement ? La réponse est non. Pourtant, si l’on en croit une partie de la base socialiste que nous avons interrogée, toute mesure, même symbolique, même inefficace, est bonne à prendre contre les jihadistes, résonnant en cela avec l’opinion qui approuve massivement cette disposition dans un récent sondage. Mais Hollande et Valls ne peuvent pas ignorer qu’une autre partie de l’électorat et de nombreux dirigeants PS ne supportent pas la proposition, et encore moins la méthode et le ton employés. Un des arguments avancés pour justifier le maintien de cette mesure serait le respect de la parole prononcée lors du Congrès du 16 novembre. Pourquoi cette promesse mériterait-elle plus que celle, non tenue, sur le droit de vote aux étrangers ? Une parole vaut davantage par sa cohérence que par son affirmation autoritaire. Question de valeur.
EDITORIAL
Valeurs
ParDavid Carzon
Publié le 28/12/2015 à 20h01
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