Insultée, menacée et même poursuivie en justice pour «incitation à la débauche»… L'actrice Loubna Abidar a payé cher son rôle de jeune prostituée dans Much Loved, de Nabil Ayouch. Censuré au Maroc, le film conte sans fard le quotidien d'un groupe de prostituées de Marrakech, de leurs soirées alcoolisées au milieu de riches saoudiens, de la drogue souvent ingurgitée pour tenir bon, en passant par de nombreuses - et crues - scènes de sexe. Mais cette fiction très inspirée de la réalité dérange dans un pays où la prostitution est officiellement prohibée. «Le film est important. Si en tant qu'actrice on ne fait pas ce genre de film, pourquoi faire ce métier ?» déclarait Loubna Abidar à Libération en septembre. Début novembre, alors qu'elle se baladait à Casablanca, la jeune femme a été reconnue par trois hommes en voiture, visiblement avinés, qui l'ont forcée à monter dans leur véhicule et frappée. Selon le récit de l'actrice paru dans le Monde, policiers et médecins se sont «ri d'elle» le soir de l'agression, même si un chirurgien a tout de même réussi à «sauver son visage». Cette «terrible nuit» l'a poussée à quitter le Maroc. «C'est mon pays, je l'aime, j'y ai ma vie et ma fille, j'ai foi en ses forces vives, mais je ne veux plus vivre dans la peur», écrit-elle.
Cinéma. «Much Loved» censuré
Publié le 01/01/2016 à 19h01
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