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Vœux

En 2016, une Marine Le Pen discrète et un FN en mue

Désormais tourné vers la présidentielle, le Front national se prépare à un débat interne sur sa stratégie, et sa présidente à une «immersion» sur le terrain.

Marine Le Pen présente ses vœux à la presse au siège du FN, à Nanterre, le 7 janvier. (Photo Laurent Troude)
Publié le 07/01/2016 à 16h08

«Vous me verrez peu cette année» : c'est l'avertissement qu'a lancé Marine Le Pen aux journalistes, ce jeudi matin au siège du Front national, à l'occasion de ses vœux à la presse. Trois semaines après des élections régionales mi-figue mi-raisin (nombre d'élus triplé, mais aucune région conquise), la présidente frontiste promet de consacrer l'année 2016 à des rencontres de terrain, «au contact des Français». «Je lancerai ma campagne début 2017 et pas avant», a annoncé l'élue de Nord-Pas-de-Calais-Picardie, qui veut d'ici-là «discuter avec toutes les composantes» de la société, selon des modalités et un calendrier qui n'ont pas été précisés jeudi.

Marine Le Pen a cependant inauguré aussitôt sa diète médiatique et quitté la salle sans répondre à la presse. S'évitant ainsi d'éventuelles questions sur son audition par la justice dans le cadre de l'affaire Jeanne, mardi. Ou encore sur la stratégie du FN, qui doit faire l'objet d'un séminaire interne de deux jours entre fin janvier et début février. Performant au premier tour des élections, mais régulièrement défait au second, le parti s'interrogera sur les moyens d'élargir encore sa base. «Il y aura un débat libre et serein, sans tabous, assez ouvert pour recueillir les opinions dans leur diversité, promet le secrétaire général du FN, Nicolas Bay. Il ne faut pas forcément en attendre de décisions immédiates, plutôt des pistes pour l'avenir.»

Changement de nom du parti

Parmi les principaux sujets du rassemblement, devrait figurer l'hypothèse d'un changement de nom du parti. Ce serpent de mer frontiste a ressurgi dans la foulée des régionales. «Si cela doit permettre à de nouveaux électeurs de nous rejoindre en dépassant une sorte de blocage politique, alors il faudrait le faire», a expliqué à plusieurs reprises Florian Philippot ces derniers jours. Autre chantier : le discours économique du FN, jugé par certains cadres trop «anxiogène» pour les électeurs de droite et les milieux économiques, et dont il s'agit de changer, sinon le fond, au moins la «présentation».

Autre dossier sur la table : la structure interne du FN, dont plusieurs responsables reconnaissent en privé qu’elle n’est pas à la hauteur d’un parti de gouvernement. De quoi expliquer l’arrivée, annoncée jeudi, de Jean-Lin Lacapelle dans l’organigramme du FN, comme «secrétaire national aux fédérations et à l’implantation». Ce proche de Marine Le Pen a réintégré le FN à l’automne et a aussitôt été élu conseiller régional d’Ile-de-France. Fort de son expérience dans le secteur privé, il doit contribuer à remettre l’appareil local du parti en ordre de marche, ce qui n’est pas une petite affaire. Plusieurs fédérations frontistes sont en fort mauvais état suite à des querelles internes. Et sur les 1 600 conseillers municipaux élus en 2014, au moins 200 ont soit quitté le parti en raison de bisbilles internes, soit rendu leur mandat. Ce qui peut difficilement apparaître comme une marque de professionalisme.

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