C'est une petite victoire. Afin de contourner la loi Brottes de 2013, qui interdit les coupures d'eau à toute époque de l'année pour les résidences principales, des fournisseurs publics et privés avaient instauré le «lentillage», qui consiste à réduire drastiquement le débit d'eau à l'aide d'une pastille rigide. Les clients se retrouvent alors dans l'incapacité de prendre une douche. Cette pratique vient d'être dénoncée par le tribunal d'instance de Limoges (Haute-Vienne) qui a condamné le marchand d'eau Saur à rétablir le débit normal à un client qui contestait une facture. Outre l'obligation de rétablir l'eau assortie d'une astreinte de 100 euros par jour de retard, la Saur a été condamnée à verser 3 600 euros d'amende et 2 000 euros au titre du préjudice moral. Cette affaire n'est pas isolée. Le conseil municipal de Pithiviers (Loiret), élus de gauche compris, a ainsi voté le 15 décembre une délibération inscrivant le lentillage dans son règlement du Service de l'eau. Pire, en Haute-Savoie le député Les Républicains, Martial Saddier, n'hésite pas à réclamer la légalisation de ces réductions de débit, brandissant la crainte d'«une explosion des impayés».
Le droit à l’eau retrouve du débit
Publié le 14/01/2016 à 20h51
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