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Luttes

Petite victoire pour les nettoyeurs en grève d'OMS Synergie

Les salariés ont obtenu que la société, sous-traitant de Paris Habitat, les requalifie, améliore leurs conditions de travail et leur paye une partie des jours de grève.

Les salariés grévistes nettoient les parties communes de quatre lots HLM à Paris. (Photo Joel Saget. AFP)
Publié le 27/01/2016 à 17h04, mis à jour le 27/01/2016 à 19h01

Il aura fallu quatre mois, mais les 41 salariés grévistes de la société de nettoyage OMS Synergie, sous-traitant du bailleur social Paris Habitat, ont fini par arracher un protocole d'accord. «On aurait préféré avoir mieux, mais là ça va, il faut savoir être satisfait», explique Bassirou Tandjigora, responsable syndical CNT, qui a paraphé l'accord. Rappelons que ces salariés sont chargés du nettoyage des parties communes de quatre lots de HLM à Paris, dans les XIIIe, XIXe et XXarrondissements, pour un salaire avoisinant les 1 270 euros.

Toutes les revendications portées depuis le 21 septembre n'ont pas été satisfaites, à l'image d'un versement des salaires plus tôt dans le mois, au lieu de la période du 11 au 13 : «La date de paiement des salaires ne peut être modifiée au regard des contraintes d'organisation sur le site», peut-on lire dans le protocole. Mais la direction s'engage à verser aux salariés qui le demandent un acompte allant jusqu'à 80%. En revanche, les salariés ont obtenu une qualification, «surtout symbolique», précise Bassirou Tandjigora, qui leur permettra de toucher 6 euros brut supplémentaires par mois. Leurs conditions de travail seront améliorées par la remise de deux uniformes de travail par année, uniformes qui seront entretenus par la société elle-même.

Les jours de grève payés en partie

Les grévistes ont également obtenu l'abandon des poursuites de la direction contre deux d'entre eux, et surtout le versement de 60% du salaire brut qu'ils auraient touché les jours où ils étaient en grève. Le tout majoré d'une prime de 200 euros pour reprendre le travail ce jeudi. «Le piquet de grève a été levé aujourd'hui», indique Bassirou Tandjigora.

En décembre, alors qu'il s'enlisait, le conflit avait été revigoré par le soutien de Claude Lévy, leader de la CGT-hôtels de prestige et économiques, qui avait obtenu des avancées significatives pour les salariés d'OMS employés par des palaces parisiens. «On aurait pu aller plus loin mais plusieurs grévistes sont interdits bancaires et menacés d'expulsion de leur logement», selon le syndicaliste.

Autre élément qui a sans doute poussé OMS Synergie à mettre fin au conflit : la mairie de Paris avait menacé de ne pas renouveler le contrat de la société si elle n'accédait pas aux demandes des salariés. Mais après quatre mois de conflit et des demandes pas complètement satisfaites, Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris chargé du logement, admet qu'«à l'avenir, il faut que nous réfléchissions aux contrats que nous passons avec des sociétés de ce type, en demandant plus de garanties sociales dès la signature.»

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