N'aurait-il pas un peu forcé la dose de mea culpa ? En revisitant son quinquennat, Nicolas Sarkozy a confessé un nombre considérable d'erreurs. Du yacht de Bolloré, dans lequel il n'aurait jamais dû monter, aux 35 heures qu'il aurait mieux fait de supprimer carrément, il y en a plus d'une vingtaine dans son livre la France pour la vie qui, une semaine après sa sortie, caracole déjà en tête des classements des meilleures ventes, toutes catégories confondues.
Avec cette confession, tardive mais spectaculaire, l'ex-chef de l'Etat fait plus fort que les anciens poids lourds de son gouvernement (Fillon, Wauquiez, Pécresse, Le Maire, etc.) qui n'ont pas cessé, depuis 2012, de faire l'inventaire critique du dernier quinquennat. Mais à droite, certains confient être tombés de leur chaise devant leur télévision, le soir du dimanche 24 janvier, quand ils ont entendu Sarkozy regretter d'avoir «abaissé la fonction présidentielle» avec ce fameux «casse-toi pauv'con» lancé en 2008 à un quidam qui refusait de le saluer.
Telle fut sa très grande faute. Le pénitent zélé ne s’est-il pas défoncé le thorax en voulant l’expier ? Même chez les sarkozystes, on se pose la question. On imagine, terrifié, l’usage qui pourrait être fait de cette repentance. Ils voient déjà, sur les murs de leurs villes, les photos du candidat Sarkozy barrées de ses propres mots : voici l’homme qui a abaissé la fonction présidentielle. Qui voudrait rouvrir les portes de l’Elysée à l’auteur de cet exploit ?
Ceux qui gardent la foi ne sont pas accessibles à de telles angoisses. Ils ne doutent pas que sa sincérité sera portée au crédit de l’ancien chef de l’Etat. En se blâmant si sévèrement, il aurait fait preuve d’une exceptionnelle lucidité et d’une capacité d’autocritique qui tranche avec les codes de la politique politicienne. Les Français lui en sauront gré. Et ils seraient déjà en train de le démontrer en faisant un triomphe à son livre…
On demande à voir. Que Sarkozy garde la faculté d’enthousiasmer des inconditionnels par centaines de milliers, personne n’en doutait. Selon l’un de ses anciens ministres, cette sévère repentance peut être comparée au show d’une rock star qui casserait sa guitare sur scène. Les fans adorent. Et les électeurs ? Cela reste à démontrer.




