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Libération
Éditorial

Irrationnel

Publié le 01/03/2016 à 20h11

Nous avons toujours en nous cette idée que les catastrophes, c’est pour les autres. Prenons deux des plus importantes catastrophes naturelles de ces dernières années pour comprendre l’irrationalité de notre optimisme. En février 2010, la tempête Xynthia frappe la commune de La Faute-sur-Mer. Prévisible et de moins faible intensité que la tempête de 1999, celle-ci va pourtant faire 29 morts, pris au piège de leurs habitations construites dans une zone exposée à des risques de submersion. Aucune information sur les risques, aucune alerte sur le danger à venir ne leur ont permis d’échapper à une mort presque certaine.

En octobre 2015, les inondations qui font 20 morts dans les Alpes-Maritimes relancent le débat sur les constructions en zone inondable et le bétonnage à outrance qui amplifie ces phénomènes météorologiques. Juste après ce drame, une enquête de Libération met en évidence de vastes chantiers lancés dans le Sud sur des terrains à risques, comme un centre commercial à Cagnes-sur-Mer ou la seconde gare de Montpellier.

En France, la culture du risque est souvent perçue comme une contrainte, une «réglementation pesante» pour reprendre les mots de Nicolas Sarkozy quand il prônait de rendre constructibles certaines zones inondables. C'est vrai en matière de catastrophes naturelles, ça l'est face au risque nucléaire. Il existe une soixantaine de réacteurs nucléaires en France. Qui sait aujourd'hui comment réagir en cas d'accident majeur ? Qui croit encore qu'un Fukushima est impossible ? Qui pense encore qu'après nous le déluge ? Avec le changement climatique, il nous faut désormais pas seulement vivre avec ce risque, mais apprendre à le connaître.

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