«Dans une hiérarchie, tout employé s'élève à son niveau d'incompétence.» L'an dernier, le célèbre principe de Peter s'est-il appliqué à Better Call Saul, spin-off de Breaking Bad ? En retournant à Albuquerque, nous nous attendions à un banquet bienvenu après la diète causée par l'arrêt de la série. Un supplément d'univers mettant en scène deux de ses personnages les plus attachants : l'avocat véreux Saul Goodman, sganarellien à souhait, et son glacial homme de main Mike. Une reprise que les réalisateurs nous avaient promis «plus drôle et plus légère». La déception initiale était uniquement de notre ressort : nous avions oublié que Gilligan et Gould, les créateurs de la série, sont de fieffés menteurs. Là où nous attendions de l'extraordinaire, la vie de Goodman se déplie sur une feuille étonnamment blanche - la finesse de son évolution, ton à ton, tient plus de Malevitch que de Scorsese. Nous voulions un «refill» du même café et c'est une autre boisson qui nous est servie, préparée à l'identique : la transgression de nos attentes, la sublimation des détails et des personnages secondaires. Exemple triomphal : Chuck McGill, frangin commandeur allergique aux ondes magnétiques, fou, fragile et cruel, un des plus beaux rôles dramatiques de cette année.
Critique
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ParHenry Michel
Publié le 23/03/2016 à 18h01
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