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Frais de taxi à l'INA : Agnès Saal condamnée à 4 500 euros d'amende

L'ancienne présidente de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) avait décidé de plaider coupable.

Agnès Saal à son arrivée au palais de justice le 11 avril 2016 à Créteil (Photo LIONEL BONAVENTURE. AFP)
Par AFP
Publié le 11/04/2016 à 10h58, mis à jour le 11/04/2016 à 12h50

L’ancienne présidente de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) Agnès Saal, jugée pour détournement de fonds publics, a été condamnée ce lundi à 4 500 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Créteil pour ses notes de taxi exorbitantes. Elle a également été condamnée à verser 5 500 euros à l’association de lutte contre la corruption Anticor, partie civile, au titre des dommages et intérêts et des frais de justice.

Entre mai 2014 et avril 2015, alors qu’elle était à la tête de l’INA, la haut fonctionnaire a dépensé 23.788,46 euros de frais de taxis, soit 685 courses, dont plus la moitié a bénéficié à son fils, ses deux filles et sa tante «Lucette», a détaillé le président à l’audience. Ces sommes ont été depuis remboursées par Agnès Saal, a observé son avocat Eric Morain.

«L'épreuve est longue, l'épreuve est dure, l'épreuve est violente, elle est peut-être disproportionnée. J'ai commis une faute, je l'ai reconnue, je l'ai assumée, je la paye très cher. J'aspire vraiment aujourd'hui, à ce qu'on m'autorise à tourner la page, à clore ce chapitre», a déclarée Agnès Saal après le prononcé du jugement. «Je sers l'Etat depuis plus de 30 ans. Je crois l'avoir très bien servi et je voudrais continuer à le faire aussi bien, mieux peut-être encore que je ne l'ai fait toutes ces années» a-t-elle ajouté, remerciant «ses proches, ses amis» dont «aucun ne (l')a lâchée». «C'est une juste peine, publique», s'est borné à déclaré son avocat.

Pour Me Jérôme Karsenti, l'avocat d'Anticor, c'est au contraire «une sanction a minima, comme le procès, symbolique», regrettant «une peine négociée, sans débat». La prévenue, habillée de noir et d'un foulard pourpre, avait choisi la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), ou plaider coupable à la française. Dans cette procédure, la personne poursuivie accepte la peine proposée par le procureur de la République. Cette peine doit ensuite être homologuée par le tribunal lors d'une audience publique, ce qui a été le cas lundi à Créteil.

Mme Saal doit à nouveau comparaître vendredi à Paris pour d’autres dépenses de taxis indues, dépassant plusieurs dizaines de milliers d’euros, lorsqu’elle était directrice générale du Centre Pompidou.

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