A la peine dans les sondages, Nicolas Sarkozy aurait un atout maître caché dans sa manche : François Baroin, le très discret sénateur et maire de Troyes (Aube). Le moment venu, ce dernier s'engagera au côté de l'ancien chef de l'Etat pour l'accompagner jusqu'à l'Elysée. En récompense de quoi il verra s'ouvrir les portes de Matignon. A en croire les stratèges sarkozystes qui font circuler ce scénario, le soutien de Baroin serait une arme aussi efficace contre Bruno Le Maire que contre Alain Juppé. L'orateur brillant et décontracté aura tôt fait de ringardiser le premier qui n'aurait plus, dès lors, le monopole du «renouveau». Quant au second, il ne pourra plus se prévaloir du soutien et de l'héritage de Jacques Chirac. Car si Juppé était «le meilleur d'entre nous», Baroin, lui, était le «fils préféré» de l'ancien président de droite.
Dans le camp Juppé, on se dit plutôt serein face à cette menace qui relève de «la petite politique». «Avec Baroin, Sarkozy ferait main basse sur le marché chiraquien ? C'est absurde. Si Alain Juppé est populaire, c'est tout simplement parce qu'il est sérieux et qu'il travaille», explique un de ses fidèles.
Selon Europe 1, Nicolas Sarkozy compte si fort sur Baroin qu'il aurait décidé de l'embarquer dès la fin de l'été dans sa campagne pour laprimaire. «Parler de ticket Sarkozy-Baroin est très exagéré», nuance un proche du patron de LR. Il est vrai que le fidèle Eric Woerth pourrait l'avoir mauvaise, et plus encore Laurent Wauquiez, défenseur des «racines chrétiennes», ce dernier goûtant peu la raideur laïque de François Baroin.




