Menu
Libération

Macron, moteur à réactions

ParNoémie Rousseau
Correspondante à Strasbourg
Publié le 24/04/2016 à 21h51

Depuis que Macron a lancé son mouvement En marche, le 6 avril à Amiens, les réactions et commentaires, de droite comme de gauche, pleuvent, alimentant l’emballement médiatique.

Il faut dire que le ministre de l'Economie a multiplié les sorties depuis quinze jours. Dernière en date : «La gauche ne me satisfait pas.» C'est du Macron, extrait d'une interview à Arte, diffusée dimanche soir. L'entretien n'est pas encore passé que le matin même, dans le JDD, Cambadélis réagit à l'avant-dernière sortie du ministre de l'Economie : «On ne peut pas faire dans le ni-ni. Cette ligne qu'il prétend porter ne permet pas de rassembler.»

Depuis le 6 avril, en fait, tout le monde y va de son commentaire. Florian Philippot raille sur Twitter : «Le premier parti certifié UMPS.» Pour Henri Guaino, «c'est de la politique des dîners en ville». Alain Juppé trouve qu'il ferait mieux de «faire son boulot de ministre». Côté PS, il y a les prudents, sur la ligne «tant que cela ne fait pas de mal à Hollande»… Ainsi, El Khomri y voit un «atout», quand Ayrault explique qu'«on verra dans quelle direction il avance».

Questionné sur le sujet dès le 7 avril, François Hollande rechigne à commenter, se bornant à expliquer «qu'un ministre [veuille] dialoguer avec les citoyens, ça s'appelle faire de la politique». Ajoutant toutefois : «Il n'y a pas de gouvernement de coalition en France.» Le plus ravi, finalement, c'est Pierre Gattaz, le président du Medef. Emmanuel Macron est pour lui «rafraîchissant», lui qui a compris qu'il faut «arrêter de politiser l'entreprise, arrêter de politiser le dialogue social […]».

La porte-parole LR, Brigitte Kuster, estime qu'un Macron «sincère» devrait «démissionner». Sinon, il sera soupçonné d'être «le poisson pilote de Hollande». Et Bruno Le Roux, chef de file des socialistes à l'Assemblée, d'observer : «On peut faire des mouvements quand on n'est plus aux responsabilités […]. Le boulot principal d'Emmanuel Macron, c'est d'être ministre de l'Economie.»

Quant à l'intéressé, porté par les sondages, il joue le grand seigneur avec Hollande, qui n'en finit pas de dégringoler dans l'opinion : «Qu'on commente, qu'on observe, mais de grâce, qu'on n'affaiblisse pas le président de la République, qu'on ne m'utilise pas pour l'attaquer, c'est indigne», arguait le ministre vendredi.

Lire en intégralité sur Libé.fr

Dans la même rubrique