Vendredi matin, lors de la seconde journée du congrès du Parti communiste (PCF) à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le thème de l'Europe ouvre les débats. Certains parlent d'une sortie du Vieux Continent. La majorité est contre cette idée. Pierre Laurent, le secrétaire national, s'attable avec une invitée : l'écologiste Cécile Duflot. Ils palabrent. Le temps passe et l'heure du déjeuner arrive. Les âmes se dirigent vers un grand réfectoire. Soudain, une arrivée : Philippe Martinez atterrit en héros. Les communistes posent les fourchettes. Debout, ils applaudissent. Le leader de la CGT, qui a rendu sa carte du parti en 2002, reste un temps debout. Il rejoint ensuite sa table discrètement. Près de lui, Pierre Laurent. Photos, selfies et purée au menu. Le repas se termine. Les deux dirigeants quittent le réfectoire sous les caméras. Une curieuse passe. Une communiste l'informe : «C'est Pierre Laurent et Philippe Martinez, ceux qui nous défendent.»
Les débats reprennent. Cet après-midi, le PCF met sur la table la présidentielle de 2017. Les avis divergent au sein de la maison. Le chef de la CGT, lui, se pose, près du bar avec Pierre Laurent. Le café est servi. Le moment d'évoquer la loi El Khomri et la mobilisation sociale. «Manuel Valls dit que la porte des négociations est ouverte mais pour le moment, on a du mal à entrer», lâche le patron de la CGT. Un confrère l'interroge sur la grève à la SNCF et les intempéries. Comprendre : la CGT peut-elle lever la grève pour faciliter l'accès aux transports. Martinez répond : «Un jour, c'est l'Euro de foot, un autre, on se fait insulter et maintenant, c'est les intempéries. Ce n'est pas de notre faute s'il pleut.»
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Martinez, qui attire toute la lumière, répond à une dernière question avant de siroter son café. La question ? «Jean-Luc Mélenchon a prédit le départ de Manuel Valls d'ici juillet…» Il coupe, sourit à sa manière et répond : «Mélenchon est un prédicateur ? Je n'étais pas au courant.» Rires des communistes. Puis, il conclut : «Ce n'est pas un problème de casting mais un problème politique. On demande un changement politique. Si on retire Valls pour mettre Macron, c'est pareil.» Les caméras s'éteignent mais tous les regards restent sur le syndicaliste. Un jeune militant, qui se grille une clope à l'entrée, commente : «Aujourd'hui, il occupe une vraie place au sein de notre gauche et contrairement à d'autres, il n'en fait pas des tonnes.»




