Après l'élection de François Hollande en 2012, certains dirigeants d'Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) avaient fait part de leur «regret» de ne pas avoir envoyé un candidat vert dans la «primaire citoyenne» organisée par le PS. Ils faisaient alors un constat simple : leur accord politique signé fin novembre 2011 de parti à parti aurait été bien plus respecté s'il s'était appuyé sur le bon résultat d'un de leurs candidats à la désignation ouverte organisée un mois plus tôt. La preuve ? Les 17% d'Arnaud Montebourg (qui avait su séduire les sympathisants écologistes) ont pesé bien plus lourd pour François Hollande que les 2,3% d'Eva Joly au premier tour de la présidentielle. Et cela alors que la candidate écolo avait réuni près de deux fois plus d'électeurs sur son nom que le futur adepte du nucléaire et des gaz de schiste.
2017 : même erreur. Les écologistes ont choisi d'organiser leur propre primaire (interne) au risque de nouveaux déchirements incompréhensibles pour le commun des électeurs. Ils abandonnent donc l'idée d'utiliser la primaire comme un outil de rapport de force pré-électoral leur permettant de rééquilibrer le programme du candidat commun. Tout ça parce qu'ils ne «veulent plus» de Hollande.
Certes, le contexte a changé. Les alliés d'hier n'ont jamais été aussi éloignés et les écologistes qui souhaitaient revenir au gouvernement ont quitté EE-LV. Mais à refuser une primaire «de toute la gauche», pourtant laissée sur la table par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, ils ont offert aux dirigeants socialistes la possibilité de les désigner comme «responsables» d'un nouveau 21 avril pour cause «d'éparpillement». Les dirigeants d'EE-LV objecteront que cette primaire est «verrouillée», «taillée pour Hollande». Qu'elle est organisée par les «partis» et non «tournée vers les citoyens». Mais, à l'époque de l'appel pour une primaire à gauche dans Libération, les mêmes ont demandé au PS qu'il organise cette primaire. Parce que seule la formation majoritaire a les moyens, financiers et militants, de le faire. En refusant la primaire, EE-LV laisse d'anciens de leur maison (Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy) porter la «social-écologie» dans la primaire de Cambadélis. Quand, tout à gauche, Jean-Luc Mélenchon défend sa «règle verte» et son «écosocialisme» sur les estrades. A l'automne, restés dans leur pré carré, les écologistes étiquetés EE-LV risquent de se sentir coincés. Et peu audibles.
En janvier, avant de faire marche arrière, Cécile Duflot justifiait ainsi son «oui» à une primaire de toute la gauche : «Nous avons une occasion historique, parce que la période nécessite l'émergence d'une nouvelle force, de faire de l'écologie la colonne vertébrale de l'offre politique nouvelle qui sortirait de la primaire.» Occasion manquée. Une de plus.




