Les chiffres ci-dessus montrent à quel point il faut prendre la crise du tourisme avec sérieux. Toutes les difficultés du secteur ne doivent toutefois pas être mises sur le dos de la violence terroriste, qui a mis en lumière les problèmes des «marques» Paris et France. Vieillotte, tournée vers un passé et un art de vivre qui n'existent plus que dans les musées, les boutiques de souvenirs ou les vrais-faux bars authentiques, la recette française n'est plus au goût du jour. Une fois qu'on y a goûté et qu'on a fait le plein de souvenirs, on n'y revient pas, ou moins souvent. Pour réinventer un tourisme durable qui ferait (re)venir les touristes, capable de résister aux menaces, il faut miser sur les points forts de la marque France, l'audace et l'inventivité, et non les clichés sépias. Mais ce nouveau monde tarde à émerger. Dans Paris est une fête, brandi l'an dernier comme symbole de résistance et de résilience, Hemingway racontait les déambulations de la Lost Generation entre Saint-Germain-des-Prés, Montparnasse et Opéra. S'il revenait aujourd'hui raconter un Paris post-Bataclan, nul doute qu'il marcherait entre République, Aubervilliers et Montreuil. Car la mythologie Paris-France n'est pas morte. Elle revit au-delà du périph, se réinvente, diverse et créative, dans ses friches et ses terroirs. Mais elle ne bénéficie pas d'un nécessaire branding comme Brooklyn ou Berlin. En attendant que le tourisme français mise plus sur le Grand Paris que sur Amélie (Poulain), l'accordéon et les bérets, cher touriste, tu peux revenir, on n'est pas si désagréables que ça… (lire le portrait page 32)
EDITORIAL
Réinventer
Publié le 30/10/2016 à 19h21
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