La fin d’un épisode : le nom du candidat EE-LV désigné pour 2017 sera dévoilé ce lundi à 19 heures. Après une primaire organisée à la va-vite et une finale inattendue entre deux personnes qui ne partiront jamais en vacances ensemble : Michèle Rivasi (63 ans) et Yannick Jadot (49 ans). Après l’élimination surprise de Cécile Duflot, Jadot a enfilé le costume de favori : pas toujours gage de succès chez les écolos.
Sereins. Qu'importe, Jadot - qui a grandi dans le sillage du néo-macronien Daniel Cohn-Bendit - est confiant. Ses proches mettent, eux, en avant combien sa sortie le 27 octobre au Parlement européen affole les compteurs sur la Toile. Dans un discours d'une minute, Jadot y interpelle le président du Conseil européen et celui de la Commission européenne pour dénoncer le Ceta, accord UE-Canada. Délicieux coup de projecteur vu plus d'un million de fois.
Michèle Rivasi affiche la même sérénité : elle (re)vient de loin et n'a pas grand-chose à perdre. L'eurodéputée a lutté pour décrocher les parrainages, sous les moqueries de certains membres du parti et (un peu) de la presse. Une fois lancée dans la campagne, elle a sillonné le pays et bousculé la hiérarchie. Aujourd'hui, sa victoire est même possible : «Je le sentais sur le terrain. Parce qu'il y a eu plus de 10 000 personnes qui ont payé 5 euros pour pouvoir voter. Les militants disaient qu'ils voulaient une candidate intègre, présente sur le terrain, authentique.»
Le seul hic, pour elle, se nomme Karima Delli. La fougueuse eurodéputée - qui a frôlé les 10 % au premier tour - est amie dans la vraie vie avec Rivasi et les deux femmes appartiennent à l’aile gauche du parti. Sauf que la Nordiste, alors que les deux femmes avaient topé avant le premier tour, a choisi à la surprise générale de soutenir Jadot au second tour. Depuis, Rivasi ne parle plus à son «amie».
Low-cost. Sur le fond, la différence est mince entre Jadot et Rivasi, eurodéputés passés par Greenpeace, méconnus du grand public et qui ne décollent pas dans les sondages. Quel que soit le vainqueur, sa tâche sera rude. Les caisses sont vides et la campagne sera low-cost : pas de grand meeting et des déplacements limités. Les écolos comptent sur la puissance du Net, la mobilisation des militants et des passages réussis dans les grands médias. Autre difficulté : les parrainages. A l'heure actuelle, les écolos disent pouvoir compter sur près de 200 parrainages, soit un petit retard par rapport au rythme de 2012, quand Eva Joly avait eu à ferrailler jusqu'au bout pour atteindre les 500 soutiens nécessaires. La chasse sera ouverte dès mardi.




