L'intérêt de la Chine pour l'agriculture hexagonale ne satisfait pas tout le monde. Depuis peu, des groupes chinois rachètent des fermes françaises et, avec elles, des centaines d'hectares de terres agricoles. Objectif : réaliser leurs propres céréales pour les exporter chez eux. Car le pays ne dispose que de 8 % de terres arables et doit nourrir 20 % de la population mondiale. La philosophie de cette opération est donc de moins dépendre des productions étrangères. Par exemple, dans l'Indre, un fonds de gestion financier a acquis il y a peu cinq exploitations totalisant 1 700 hectares cultivés en payant un prix largement au-dessus du marché français. Prix que les exploitants vendeurs ne «peuvent» refuser. Problème : cette opération a été réalisée sans l'aval des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer), qui ont pour mission «d'acquérir des terres ou des exploitations agricoles mises en vente par leurs propriétaires et destinées à être rétrocédées après aménagement éventuel» dans le but d'accroître la superficie de certaines exploitations et de faciliter l'installation d'agriculteurs. «Il y a une faille dans la législation qui permet des investissements financiers comme ceux faits par les Chinois, déplore Emmanuel Hyest, président de la Safer nationale. Les rachats de terres par des groupes étrangers ne sont pas positifs pour l'agriculture française, car notre modèle est celui d'une agriculture familiale qui n'est pas liée à la taille des exploitations mais au mode d'exploitation.»
Une stratégie terre à terre
Publié le 21/11/2016 à 20h16
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