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La ministre de l’Education en inspection à Marseille

ParStéphanie Harounyan
(à Marseille)
Publié le 27/11/2016 à 18h26

Najat Vallaud-Belkacem doit visiter lundi une série d'établissements marseillais et faire un état des lieux des travaux entrepris par la cité phocéenne depuis plusieurs mois. C'est le deuxième point d'étape effectué par le ministère depuis la mise en route, en février, d'un plan d'urgence «Ecoles de Marseille», censé éteindre un incendie allumé trois mois plus tôt par une enseignante des quartiers Nord. Dans un courrier adressé à la ministre, Charlotte Magri y racontait ses conditions de travail et l'état calamiteux de sa classe. La presse s'empare de l'histoire, Libération en fait sa une et les témoignages affluent, laissant apparaître une situation chaotique dans de nombreux établissements.

Le ministère s’en mêle, interpellant le préfet de région et le rectorat. La mairie de Marseille, chargée du bâti et de l’entretien des écoles, crie au complot politique et minimise le problème. Avant, finalement, de débloquer des crédits supplémentaires et de décider une réorganisation de ses services pour faciliter les remontées d’information. En avril, l’heure est à la réconciliation lors du premier point d’étape réalisé par la ministre. L’Etat décide même d’allouer 5 millions d’euros au titre des crédits de la politique de la ville pour renforcer l’enveloppe municipale.

Des travaux sont engagés durant les vacances et c'est serein que le maire, Jean-Claude Gaudin annonce, en septembre, que «tous les efforts supplémentaires ont été faits». «Il y a eu des travaux, on ne peut pas le nier, mais le problème du manque d'école persiste, relève Annie Lévy-Mozziconacci, élue PS au conseil municipal. Et surtout, on se dit que si on n'a pas un Etat qui encadre, il n'y aurait pas de politique éducative à Marseille. Le discours a changé, mais il faut rester vigilants.» Car de nombreux problèmes persistent. Des problèmes de place, notamment : ainsi, dans le IIIe arrondissement, où Najat Vallaud-Belkacem terminera sa virée marseillaise, la poussée immobilière pourrait bien entraîner un embouteillage d'inscriptions dans les écoles publiques.

La rentrée 2017 est annoncée comme «explosive» par le Collectif des écoles publiques du IIIe. Ce groupement d'enseignants, de parents et d'associatifs multiplie les actions. Si la ville a bien prévu différentes constructions et rénovations à l'horizon 2020, ces projets sont encore sous-dimensionnés par rapport aux 6 000 logements récemment sortis de terre. Pour Barbara Miret, secrétaire départementale adjointe du SNUipp, «il y a un tel gouffre entre ce qui a été fait et ce qui reste à faire. Bien sûr, cette "mise sous tutelle" de l'Etat a fait du bien, mais on est encore loin du compte».

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