Un sale été : à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), le 19 juillet, jour de son anniversaire, Adama Traoré meurt après son interpellation par les gendarmes. Il avait 24 ans. Une colère sourde se lève dans la ville. Des voitures brûlent. Les autopsies s'accumulent, et les doutes : le procureur Yves Jannier communique à sa manière. Pas un mot sur le syndrome d'asphyxie, présent dans les rapports. Depuis, cinq mois ont passé, et la famille cherche toujours des réponses, et un peu de considération. Aucun membre du gouvernement ne l'a reçue alors que la gauche dépose des gerbes de fleurs en l'honneur de Malik Oussekine, mort il y a trente ans sous les coups des «voltigeurs» de la République. Pire, au milieu du flou, la maire de la ville, Nathalie Groux (UDI), attaque la famille pour diffamation suite à des propos parus dans la presse. Le 17 novembre, des proches du défunt squattent le conseil municipal. La police est sur la place. Quelques échauffourées. Deux frères d'Adama Traoré terminent au poste. Huit mois ferme pour Bagui Traoré. Trois mois aménageables pour Ysoufou Traoré, qui a été remis en liberté. Une sale année pour une famille qui court toujours derrière la vérité. R.La.
Adama Traoré/ Un flou asphyxiant
Publié le 30/12/2016 à 17h16
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