C’est un véritable écheveau de circuits financiers qui, au fil des jours et des révélations, semble entourer le candidat LR à la présidentielle.
Première source de rémunération, la filière parlementaire. Outre ses indemnités de député et de sénateur, François Fillon a récupéré dans le giron familial plus de 900 000 euros brut en trente ans, via l’embauche comme assistants de sa femme et de ses enfants, par lui-même ou son suppléant. Pour des rémunérations frôlant certains mois les 10 000 euros brut. A l’ex-Premier ministre désormais, de démontrer à la justice le caractère non fictif de ces emplois, sa femme ayant affirmé par le passé ne pas avoir été son assistante.
Deuxième source, «littéraire», la Revue des deux mondes. Entre mi-2012 et fin 2013, sa femme fut employée par ce mensuel centenaire, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière, pour un salaire de 100 000 euros brut. Son poste de conseillère littéraire aura donné lieu à la publication de deux notes de lecture sur la période et, selon Lacharrière, à des conseils sur l'évolution de la revue, mais qui n'ont visiblement laissé aucune trace écrite.
Troisième source, les entreprises. Créée par François Fillon en 2012, quelques jours avant de redevenir une nouvelle fois député, la société 2F Conseil a pour objet, selon ses statuts, le conseil ou la réalisation d’études au profit d’Etats ou de personnes physiques ou morales. Une petite entreprise qui va se révéler fructueuse : sur les dix-neuf premiers mois d’exploitation, elle générera 446 000 euros de produits, dont 343 100 euros atterriront dans la poche de son fondateur, sous forme de salaires et de bénéfices. Au total, de mi-2012 à fin 2016, Fillon engrangera près d’un million de recettes grâce à sa société. Pour l’heure, seuls quatre de ses clients ont été dévoilés. Et aucun n’est inconnu de François Fillon : tous ont été, à un moment ou à un autre, plus ou moins proches du candidat avant que ce dernier ne crée sa boîte de conseil.
René Ricol fut ainsi médiateur du crédit puis responsable du grand emprunt sous Fillon Premier ministre. Henri de Castries est un ami du candidat et pressenti pour occuper Bercy en cas de victoire à la présidentielle. Lacharrière, 32e fortune française, est également un ami de Fillon, dans le sillage de sa relation avec Philippe Séguin. Quant à Philippe Oddo, 125e fortune française, il a épousé la cause du candidat, facilitant des levées de fonds ou des rencontres avec des patrons étrangers. Il embaucha même un ancien de son cabinet en 2015 et compta dans ses effectifs, entre 2003 et 2005, le frère de l'ancien directeur de cabinet adjoint de Fillon à Matignon, Antoine Gosset-Grainville.
Dernière question : alors que Fillon a gagné près d’un million d’euros en quatre ans, en plus de ses indemnités de député, les comptes bancaires du couple n’affichent guère plus de 100 000 euros. Fillon, gros dépensier ?




