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Libération
Critique

C’est bien notre veine

Publié le 20/02/2017 à 17h06

Le business se coule partout, y compris dans nos veines. C’est la conclusion de ce documentaire glaçant qui, partant du cas Suisse, s’intéresse à ceux qui ont transformé ce symbole de générosité qu’est le don de sang en industrie très lucrative. Le geste repose sur un message simple : il sauve des vies. Mais il n’échappe pas aux lois du marché puisque, par exemple, le plasma peut être utilisé pour fabriquer des médicaments. Résultat : sur une collecte, 20 % sont destinés aux hôpitaux, et 80 % à l’industrie pharmaceutique. Le problème survient quand les journalistes cherchent à remonter cette filière du plasma, dont le don n’est normalement pas rémunéré. Normalement, car quand ils se pointent à Cleveland (Etats-Unis), gros fournisseur d’un établissement suisse de renom, ils tombent sur une foule de gens prêts à vendre leur sang. La raison : ils touchent 200 dollars à chaque don et certains ne vivent que de ça. Y compris pour se fournir leur dose de drogue selon les témoignages recueillis dans ce film. Si aujourd’hui, les contrôles sur ce plasma sont jugés efficaces, nous ne sommes pas à l’abri d’un nouveau virus. Et signalons qu’en France, ce marché du don du sang qui était un monopole public vient d’être libéralisé.

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