Le business se coule partout, y compris dans nos veines. C’est la conclusion de ce documentaire glaçant qui, partant du cas Suisse, s’intéresse à ceux qui ont transformé ce symbole de générosité qu’est le don de sang en industrie très lucrative. Le geste repose sur un message simple : il sauve des vies. Mais il n’échappe pas aux lois du marché puisque, par exemple, le plasma peut être utilisé pour fabriquer des médicaments. Résultat : sur une collecte, 20 % sont destinés aux hôpitaux, et 80 % à l’industrie pharmaceutique. Le problème survient quand les journalistes cherchent à remonter cette filière du plasma, dont le don n’est normalement pas rémunéré. Normalement, car quand ils se pointent à Cleveland (Etats-Unis), gros fournisseur d’un établissement suisse de renom, ils tombent sur une foule de gens prêts à vendre leur sang. La raison : ils touchent 200 dollars à chaque don et certains ne vivent que de ça. Y compris pour se fournir leur dose de drogue selon les témoignages recueillis dans ce film. Si aujourd’hui, les contrôles sur ce plasma sont jugés efficaces, nous ne sommes pas à l’abri d’un nouveau virus. Et signalons qu’en France, ce marché du don du sang qui était un monopole public vient d’être libéralisé.
Critique
C’est bien notre veine
ParDavid Carzon
Publié le 20/02/2017 à 17h06
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