Menu
Libération

Cinquante ans après sa légalisation, la contraception reste un combat

Publié le 20/02/2017 à 20h46

Il y a cinquante ans, la loi du député gaulliste Lucien Neuwirth légalisant la contraception était promulguée. Approuvée en amont par le général de Gaulle, elle a déchaîné les passions. L'élu, qui s'est éteint le 26 novembre 2013, avait alors raconté son combat rythmé par les attaques de «fossoyeur de la France» ou «assassin d'enfants», rappelait Libération. Des attaques qui émanaient de son propre camp.

Mais aujourd'hui, des inégalités économiques et territoriales d'accès à la contraception subsistent, comme l'a récemment souligné le Planning familial. De nombreuses structures d'information, créées grâce à la loi de 1967, tout comme les centres de planification (CPEF), qui délivrent gratuitement et anonymement une contraception aux mineures, ne sont pas présents de manière homogène dans l'Hexagone. «Ce sont les départements qui les financent et qui décident de leur création. Et, bien entendu, tout ça dépend des politiques menées par chacun», précise la coprésidente du Planning familial, Véronique Sehier. Si le docteur Gilles Lazimi, qui exerce en Seine-Saint-Denis, explique que son département a la chance d'être plutôt bien loti, avec 110 centres de planification, il précise que ce n'est probablement pas le cas de la Creuse… Certaines collectivités demandent même, dans un souci d'économie, aux CPEF de donner des ordonnances aux jeunes femmes pour qu'elles aillent en pharmacie.

Une mesure de la loi santé permet désormais aux généralistes, gynécologues et sages-femmes de prescrire une contraception, mais elle reste peu connue. Tout en sachant qu'elle ne s'applique pas aux 18-25 ans. «La ministre de la Santé estime qu'ils doivent aller dans les centres de planification mais tout le monde n'y a pas accès de façon égale sur le territoire», rappelle Véronique Sehier.

Alors que de plus en plus de femmes abandonnent la pilule, notamment à cause des crises sanitaires, la formation des futurs médecins sur les différentes méthodes de contraception reste à améliorer. En outre, certains contraceptifs ne sont pas encore remboursés :l'anneau vaginal, des patchs et parfois des préservatifs. «Il ne faut pas que [le mode de contraception] soit un choix par défaut, il doit être adapté au mode de vie de chacun», insiste Véronique Séhier.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique