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Libération

Des mesures de gauche

Publié le 02/03/2017 à 20h46

Pénaliser les abus de CDD

Macron entend «responsabiliser» les employeurs. Comment ? En créant un «bonus-malus sur l'assurance chômage». Ainsi, explique-t-il, «les employeurs qui entretiennent la précarité en recourant exagérément aux contrats courts paieront plus de charges, ceux qui créent des emplois stables en paieront moins». Cela devrait satisfaire les syndicats de salariés, qui se battent depuis plusieurs mois pour imposer une telle mesure dans la négociation sur les nouvelles règles de l'assurance chômage. Quant aux représentants du patronat, Medef en tête, ils y sont totalement opposés.

Doubler la prime d’activité

Afin que «toute reprise d'emploi se traduise par un supplément de revenu conséquent», le candidat propose d'augmenter la prime d'activité (versée aux salariés gagnant moins de 1 500 euros par mois). Cette mesure, qui part du principe que l'écart entre les minima sociaux et les revenus d'un travail mal payé n'est aujourd'hui pas assez incitatif, devrait représenter un réel coup de pouce pour les salariés les plus modestes (près de 80 euros supplémentaires par mois pour un smic).

Taxer moins le travail et davantage le patrimoine

Autre mesure pour le pouvoir d'achat des salariés et des indépendants : la réduction de leurs cotisations sociales en supprimant celles dédiées à la maladie et au chômage. «Tous les salariés verront leur salaire augmenter», promet Macron. Un employé qui gagne 2 200 euros net par mois économiserait 500 euros net par an. Pour financer le tout, il envisage une «hausse de moindre ampleur de la CSG [contribution sociale généralisée, ndlr]», soit 1,7 point en plus (sauf pour les retraites modestes et les indemnités chômage). Une mise à contribution du capital qui devrait soulager les salariés, au risque de pénaliser les retraités les plus aisés, et de rompre avec le principe mutualiste à la base de la protection sociale.

Une police de proximité… mais répressive

«On a trop confondu la sécurité publique et l'intervention. Je propose de créer des policiers qui seront en permanence sur le terrain, travailleront avec les élus et les associations de quartier», a précisé Macron lors de sa conférence de presse. Il propose que ces policiers sanctionnent les «petites doses de cannabis» et les «incivilités du quotidien» par des amendes. Ils pourraient également «interdire à un individu générateur de troubles la fréquentation d'un lieu durant un certain temps». Macron propose aussi «d'oraliser» les affaires simples pour libérer du temps. En creux, il souhaite le retour d'une forme de police de proximité, plus répressive que dans le passé.

Taxer les «grands groupes de l’Internet» en France

C'est un serpent de mer : comment lutter contre les pratiques d'optimisation fiscale des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) qui s'en vont loger leurs profits dans les pays les plus arrangeants pour échapper à l'impôt ? En décembre, le Conseil constitutionnel a censuré la «taxe Google» adoptée au Parlement. Macron veut faire du sujet «une priorité de [son] action européenne». Reste à savoir si ça suffira.

Des classes de 12 élèves en CP-CE1 en REP

Concentrer les efforts sur les quartiers dits prioritaires (donner plus à ceux qui ont moins) s’inscrit dans la tradition de la gauche. Macron veut mieux rétribuer les enseignants de REP + en leur versant une prime annuelle de 3 000 euros (la prime a déjà été doublée et portée à 2 700 euros). En jouant sur la taille des classes, il s’inscrit dans la continuité du quinquennat : c’était le sens du dispositif «plus de maîtres que de classes» de Hollande, déployé en priorité dans les quartiers difficiles. Macron propose d’aller plus loin avec des classes dédoublées en CP et CE1, même si la recherche n’est pas unanime sur le lien entre effectifs et performances.

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