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Libération

Des mesures novatrices

Suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français

Emmanuel Macron juge la taxe d'habitation «injuste» et veut en exonérer 80 % des assujettis, soit «tous les Français des classes moyennes et populaires». Le diagnostic est vrai : fondée sur des «bases locatives» totalement obsolètes, cette taxe est plus chère dans les grands ensembles que dans les immeubles haussmanniens, dans les villes pauvres à faibles services que dans les communes riches où l'on trouve tout. Le candidat promet que l'Etat compensera le manque à gagner pour les communes à «l'euro près». Mais cette recentralisation fait hurler les associations de collectivités, échaudées par les dernières baisses de la dotation globale de fonctionnement.

Vers une assurance chômage universelle

Ce n'est pas une réforme, mais une révolution totale, que propose Macron. Outre sa volonté de reprendre aux partenaires sociaux le pouvoir de définir «la stratégie et les décisions relatives à l'Unédic» pour le remettre dans les mains de l'Etat, le candidat veut créer un droit à l'assurance chômage pour tous. Premiers visés : les salariés qui démissionnent. Ils pourraient désormais, contrairement à aujourd'hui, prétendre aux allocations chômage, mais une seule fois tous les cinq ans. Autres gagnants, les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales, et les agriculteurs y auraient aussi droit. Pour financer ce surcoût, le candidat compte sur une baisse «significative» du taux de chômage «qui doit pouvoir revenir à 7 % en fin de quinquennat». Et pour y parvenir, il mise notamment sur «un contrôle accru de la recherche d'emploi» et un renforcement des sanctions à l'encontre des chômeurs. Ainsi, le refus de «deux emplois décents», selon des critères de salaire et de qualification, ou une recherche d'emploi «insuffisante» entraîneraient une suspension des allocations. Une logique de sanction proche de celle qui existe déjà aujourd'hui.

Stage d’été pour les élèves en difficulté

Parce qu'«une part importante des inégalités scolaires se joue en dehors de la salle de classe», Macron propose des stages de remise à niveau en fin de vacances d'été pour les écoliers en difficulté, en s'appuyant sur les professeurs volontaires. Il veut aussi remettre au goût du jour «l'étude dirigée» au collège, en mobilisant les enseignants, mais aussi les retraités motivés et les étudiants.

Renégocier le «Privacy Shield» d’ici à 2018

Le nouvel accord-cadre qui autorise le transfert des données personnelles des citoyens européens vers le territoire américain, entré en vigueur le 1er août, a été jugé insuffisant par nombre de défenseurs de la vie privée. Depuis que Trump est aux manettes, les inquiétudes sont encore plus vives… Sur ce terrain, le candidat Macron entend manifestement aller à l'offensive, en le renégociant. Il propose aussi de créer une «agence européenne pour la confiance numérique», chargée de réguler les grandes plateformes.

Un «pass» culture de 500 euros

Pour favoriser et démocratiser l’accès à la culture, ce «pass» permettra à chaque Français de 18 ans d’effectuer 500 euros de dépenses culturelles (cinéma, théâtre, livres…). Le candidat d’En marche assure que cette mesure n’enlèvera aucune subvention au budget de la culture.

Vers une moralisation de la vie publique

Interdiction pour les parlementaires d’exercer des activités de conseil et d’employer des proches ou des membres de leur famille en tant qu’attachés parlementaires, fin du régime spécial de retraite des parlementaires, fiscalisation de leur rémunération… Macron, sous l’influence de Bayrou, a choisi de durcir son programme. Beaucoup de ces mesures, qui renforcent celles nées après l’affaire Cahuzac, ont cependant déjà été proposées, notamment par Benoît Hamon. En revanche, Macron reste toujours aussi flou sur la dose de proportionnelle qu’il voudrait introduire dans les législatives.

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