Ce documentaire sensible comme seule la case Infrarouge de France 2 est capable d'en produire, cumule à peu près tous les poncifs du genre : un jeune déscolarisé habitant dans un quartier délabré de Lens avec une mère divorcée et sans emploi, un père absent. Mais rien de misérabiliste dans ce portrait de Loïc, ado en perdition qui ne supporte plus d'aller au collège - on ne dévoilera pas toutes les raisons de l'ostracisme qu'il subit pour garder une part de choc au téléspectateur - et passe des journées entières enfermé dans sa chambre, une sorte d'écharpe autour de la tête : «Ils vont me taper, me jeter de la colle, j'ai pas peur, mais quand ils sont à plusieurs j'ai peur.» Cette seule phrase donne une idée de ce qu'il peut endurer. Pourtant, il y a beaucoup d'amour et de lumière dans ce film notamment à travers cette mère qui se bat contre les évidences et soutient son fils malgré tout. On se rend compte de la difficulté pour le corps enseignant, malgré toute sa bonne volonté, d'accompagner Loïc. Il y a quelque chose de touchant dans la manière dont ce garçon veut s'en sortir. On sent qu'il se ment parfois, mais il y croit si fort qu'on a envie de se tromper. On retient aussi l'image de son frère, soutien indéfectible, sorte de zébulon insouciant dans un champ de ruines.
Critique
La vie à contre-corons
ParDavid Carzon
Publié le 27/03/2017 à 17h16
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