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Souffrance animale

Abattoir du Vigan : prison avec sursis pour un ancien employé

Le tribunal correctionnel d’Alès a rendu son jugement concernant les actes de maltraitance et de cruauté révélés par l’association L214.

Capture d' écran de l'abattoir du Vigan, d'après un vidéo diffusée par L214.
ParSarah Finger
Correspondante à Montpellier
Publié le 28/04/2017 à 16h58

Le premier jugement pour des actes de maltraitance et de cruauté perpétrés au sein d'un abattoir (celui du Vigan, dans le Gard) est tombé ce vendredi. Le principal accusé, licencié depuis le scandale, écope de huit mois de prison avec sursis et 2 000 euros d'amende. Le procureur avait requis à l'encontre de cet homme de 24 ans, accusé de «sévices graves et d'actes de cruauté», un an de prison avec sursis ainsi que 3 400 euros d'amende.

Deux autres employés de l'abattoir, poursuivis pour «mauvais traitements infligés sans nécessité», sont relaxés pour cause de prescription : il semblerait que le tribunal n'ait pu dater de manière formelle les faits les concernant. La communauté de communes du Pays viganais, poursuivie pour «abattage ou mise à mort d'un animal sans précaution pour lui éviter de souffrir», est quant à elle condamnée à 3 500 euros d'amende.

«Une première»

«Cette décision rappelle clairement la grande responsabilité des collectivités quant au respect des règles en matière de protection animale, estime Hélène Thouy, avocate de l'association L214. En ce sens, c'est une première.» Me Lionel Marzials, conseil de trois autres associations de protection animale également parties civiles, se déclare lui aussi satisfait par ce jugement : «Le principal accusé se voit interdire d'exercer dans un abattoir durant cinq ans, et il devra verser près de 6 000 euros aux neuf parties civiles. Ces décisions sont d'autant plus intéressantes que l'on craignait que dans ce dossier, tout le monde soit relaxé.»

Les actes de maltraitance et de cruauté commis par les employés du Vigan avaient été révélés en février 2016 par l'association L214. La diffusion de ces terribles images tournées clandestinement dans ce petit abattoir certifié bio avait entraîné un émoi considérable. Durant le procès qui s'est tenu au tribunal correctionnel d'Alès les 23 et 24 mars, le procureur avait pointé le «caractère sadique» de certains actes commis par ces salariés, notamment par le principal accusé. Celui-ci avait reçu une formation pour être le «responsable de la protection animale» au sein de l'abattoir.

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