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Libération
Témoignage

Aïssata Seck, fille d’immigrés sénégalais : «On n’a même pas essayé le vote des étrangers»

Avec Hollande, ils y ont perdu

Publié le 09/05/2017 à 18h56

«J’ai adhéré au PS en 2011 puis participé à la campagne présidentielle de François Hollande, notamment parce que j’avais été convaincue par sa proposition d’accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales. Mes parents sont sénégalais. Ma mère, qui est arrivée en France en 1974, est très investie dans la vie associative des Mureaux (Yvelines), notamment à travers des actions d’alphabétisation. Même s’ils ne sont pas français, ils vivent ici, participent à l’économie, payent leurs impôts. On est huit enfants dans la famille et on vote tous. Quand on a eu 18 ans, notre père venait nous réveiller à 7 heures du matin pour être les premiers au bureau de vote. C’était une obligation, notre devoir de citoyens et de Français. J’aurais aimé qu’ils puissent eux aussi bénéficier de ce droit aux élections locales.

«Mais François Hollande n’a même pas essayé. C’est surtout ça qui m’a déçue. J’aurais préféré qu’on se batte comme pour le mariage pour tous, quitte à se casser la figure. Il me semble que cette mesure n’est pas la priorité d’Emmanuel Macron, mais le combat n’est pas perdu. Il faut se manifester, pas pour forcer la société française, mais au moins mettre la question en débat.»

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