Muriel Pénicaud a pris ses quartiers rue de Grenelle trente-deux ans après y avoir fait ses premiers pas. La remplaçante de Myriam El Khomri, 62 ans, est entrée au ministère du Travail en 1985, d'abord dans les services, puis au cabinet de Martine Aubry. Mais son CV bifurque vite vers le privé. Chez Dassault Systèmes, elle est directrice générale adjointe ; au sein de Danone, DRH. En 2014, la voilà patronne de Business France. Muriel Pénicaud vante alors les PME tricolores partout dans le monde. En 2016, elle est au côté d'Emmanuel Macron, ministre de l'Economie, pour louer les mérites de la French Tech à Las Vegas. Elle introduit son intervention devant un parterre de start-uppeurs conquis. Business France fait depuis l'objet d'une enquête préliminaire du parquet national financier autour de l'organisation de cet événement. Au fil des années, Muriel Pénicaud ne perd pas de vue le secteur public. De 2006 à 2009, elle préside l'INTEFP, l'école des inspecteurs du travail, en restant chez Dassault. Les syndicats apprécient peu, mais l'intéressée se voit comme un «symbole d'ouverture». Elle siège également au Haut Conseil du dialogue social, avec Jean-Denis Combrexelle, auteur d'un rapport qui a inspiré la loi El Khomri et infuse le texte que prépare Macron. Le conseil publie aussi les chiffres de la représentativité des syndicats, dont la CFDT vient de sortir gagnante. Un bon présage pour la ministre chargée de la nouvelle «loi travail» ? Le soutien de la centrale lui sera décisif.
Portrait
Travail Muriel Pénicaud une patronne à la manœuvre
Publié le 17/05/2017 à 20h26
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