Le plus
Faut-il vraiment le décrire ? Si Paris reste la première destination touristique mondiale avec plus de 12 millions de visiteurs par an, il doit bien y avoir une raison. Même si, pour attirer les banquiers de la City, la région capitale de la France doit mettre en avant d’autres qualités que celles de ses musées.
Elle les possède. Entre le métro, le RER et bientôt le Grand Paris Express, un système d'éducation public et gratuit de bon niveau, une main-d'œuvre qualifiée, une offre de bureaux dernier cri, le deuxième aéroport européen avec Roissy-Charles-de-Gaulle, le quartier d'affaires de La Défense et 40 % de la recherche et développement du pays, le compte est bon. En outre, «Paris est la seule capitale européenne présentant un tissu économique diversifié. Toutes les synergies sont possibles», explique Alexandre Missoffe, directeur de Paris Ile-de-France Capitale économique. Ici, pas de mono-activité financière. De plus, la France dispose d'un statut fiscal de «l'impatrié», tapis rouge taillé sur mesure pour les hauts salaires venus d'ailleurs. Exonérations d'impôts pour les rémunérations à l'étranger et les stock-options, réduction de 50 % pour les revenus en France : «Bien utilisé, ce régime fiscal est susceptible de faire de la France un pays potentiellement attractif pour les cadres et dirigeants d'envergure internationale», écrivent dans un article de Fiscalonline.com Jérôme Commerçon et Xavier Colard, avocats chez Scotto et associés.
Le moins
Justement, tout ce qui figure ci-dessus. Ville agréable, romantique, attirante, Paris ne serait pas prise au sérieux par ceux dont le métier est le business. Pour le Financial Times, la capitale française serait loin derrière Francfort dans la short-list des banquiers de la City. A cause de l'instabilité juridique et fiscale que les investisseurs prêtent à la France, Paris peine à prouver sa crédibilité de place financière.
Une idée fausse étant un vrai problème, il faudra bien du talent de conviction à Gérard Mestrallet, président de l'association Paris Europlace, pour arriver à convaincre la City qu'avec «1,2 million d'emplois directs et indirects et 300 milliards d'euros de financement pour les entreprises en 2015, l'industrie financière est au cœur de l'économie française qu'elle irrigue». Tel est en tout cas l'argument qu'il déploie sur le site d'Europlace avec le rappel, en gros caractères, que Paris est «la première place financière de la zone euro». Autre difficulté : même si la fiscalité a été améliorée pour accueillir les riches, les pouvoirs publics ne le clament pas sur les toits, par souci de leur opinion publique sans doute.
Le joker
C’est le Grand Paris. Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France (de droite), Anne Hidalgo, la maire de Paris (de gauche), et Patrick Ollier, le président de la Métropole (artisan du consensus entre les deux), arpentent les cénacles financiers avec à la bouche ce terme qui exprime la puissance. Mais également avec, dans leurs bagages, le plan du nouveau réseau de métro Grand Paris Express, 205 kilomètres de lignes et 29 milliards d’investissement. Qui dit mieux ?
Le point noir
La mauvaise réputation. La France a une image de pays de la grève, méfiant sur «la finance qui est l’ennemi» et peu doué pour l’anglais.




