Emmanuel Macron s'étonne que son invitation de Donald Trump au défilé du 14 Juillet suscite «autant de débats et de protestations». On s'étonne, nous, de l'exact inverse. Pourquoi, quand la République déploie son tapis rouge à celui qui a renié l'engagement de son pays à respecter l'accord de Paris sur le climat et, partant, a fait un bras d'honneur à la planète entière, cela ne provoque-t-il aucune réaction d'ampleur ? Macron répond que sa «philosophie, c'est, même lorsqu'on a des désaccords, de continuer à discuter». Le problème n'est évidemment pas de «discuter» avec Trump, ni d'ailleurs avec n'importe quel autre chef d'Etat, y compris un dictateur. La diplomatie n'a jamais été un concours de moralité. La faute de Macron, car il s'agit bien de cela, n'est pas d'avoir convié Trump, mais de lui offrir le faste et les valeurs de notre fête nationale. On sort sa plus belle vaisselle quand on veut se faire pardonner (Barack Obama avait reçu en grande pompe François Hollande pour s'excuser de sa volte-face sur le dossier syrien) ou quand on a quelque chose à négocier. Rien de tel aujourd'hui. Macron souhaite faire revenir le président américain au sein de la COP 21. Il n'y aurait pourtant rien de pire qu'un Trump qui pollue de l'intérieur cette grande ambition collective. Dans cette bataille, l'allié de la France devrait être cette opinion publique américaine qui a honte du négationnisme climatique du Président. Et qui ne peut pas comprendre les honneurs de la France à celui qui déshonore la parole et le rêve américains.
Éditorial
Faute
Publié le 13/07/2017 à 20h36
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