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Libération
Témoignage

Caty Virgilio, employée à Rennes : «Heureusement que je ne compte pas sur 5 euros pour vivre !»

publié le 24 juillet 2017 à 20h46

Salariée d'une association de promotion et de production de spectacles, Caty Virgilio, 53 ans, s'estime «privilégiée» d'avoir une activité qui lui plaît. Mais avec un salaire de 1 130 euros par mois et un fils de 18 ans à charge, ses moyens sont modestes. «Je m'organise pour que ma vie soit facile : je limite mes besoins, dit-elle. Quand je vais faire des courses, je ne remplis pas mon chariot et quand ma gazinière est tombée en panne, j'en ai trouvé une à 100 euros de seconde main.» Les 5 euros qui vont lui être retirés de son APL, qui s'élève à 167 euros pour des remboursements bancaires mensuels de 530 euros depuis qu'elle est en accession à la propriété, ne l'angoissent pas plus que ça. «Heureusement que je ne compte pas sur 5 euros pour vivre !» lâche cette femme volontaire. Mais le procédé, jugé quelque peu brutal, ne manque pas de provoquer sa colère. «Je veux bien contribuer à l'effort national, encore faudrait-il qu'on m'explique pourquoi. Pour quelles économies, dans quel but. Ce sont des choses qui nous échappent complètement. Si c'est pour faire plaisir à Bruxelles, vu ce que ça va rapporter, ça ne sert à rien ! C'est de l'esbroufe !» Caty Virgilio, qui se «débrouille» avec son smic et vit dans un T3 à la périphérie du centre-ville rennais, pointe également «l'injustice» que constitue à ses yeux cette mesure. «Si on veut réduire les déficits, qu'on prenne de l'argent sur les transactions financières ou sur les bénéfices des entreprises du CAC 40, pas chez les pauvres», dit-elle.