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Libération

Au Mirail, un mort sur fond de trafic de stups

Publié le 07/08/2017 à 20h56

«A la Reynerie, des armes de guerre circulent. Comment est-ce possible ici, à Toulouse, dans la quatrième ville de France ?» Ce lundi, en fin de matinée, il n'y a pas que la chaleur caniculaire et les rideaux de fer baissés de la place Abbal qui plombent l'ambiance. Dans la nuit de dimanche à lundi, un père de famille de 29 ans est mort, abattu au pied de l'une des barres de ce quartier du Mirail, classé depuis 2012 en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Blessés par les tirs, le frère de la victime et deux autres habitants du quartier ont été hospitalisés.

Pointant une barre d'immeubles à 200 m du muret où il discute avec d'autres anciens du quartier, notre interlocuteur poursuit : «On a entendu quelques coups secs, comme des pétards, puis une longue rafale. Il y avait des douilles sur le sol.» Selon les premières constatations de l'enquête dirigée par le service régional de police judiciaire (SRPJ), l'échange de coups de feu impliquerait plusieurs tireurs. L'un d'entre eux aurait utilisé un fusil d'assaut de type kalachnikov. Règlement de comptes, guerre de territoire pour le contrôle d'un point de deal ? Faute de témoignages et de «renseignements fiables», les policiers ne peuvent que supputer et compter les victimes : 10 morts en quatre ans. Au ministère de l'Intérieur, Gérard Collomb est tenu «personnellement informé», selon une source policière : «On envisage de faire du Mirail un des quartiers pilotes du redéploiement de la nouvelle police de proximité à la rentrée. Mais il faudra du temps pour obtenir des résultats.» Député LREM de la 4e circonscription de Haute-Garonne, Mickaël Nogal a indiqué à Libération avoir «écrit dans ce sens au cabinet du ministre. Les retours des habitants sont unanimes. Ils se sentent abandonnés». Quant à la mairie, elle a demandé des «renforts» policiers et ouvert une cellule de soutien psychologique située… en centre-ville.

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