C'est une audience en zigzag qui s'est déroulée ce lundi au tribunal correctionnel de Versailles. Deux membres de l'association L214, qui milite pour le bien être animal - Sébastien Arsac, son porte-parole et cofondateur, et Tony, un bénévole - y étaient jugés pour s'être introduits en décembre dans un abattoir de Houdan (Yvelines) afin d'y placer des caméras. Mais alors que les deux prévenus comparaissaient pour «violation du domicile d'autrui» et «tentative d'atteinte à la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l'image», les débats ont le plus souvent porté sur les méthodes de mise à mort de l'abattoir Harang.
Les deux prévenus ont expliqué à la cour avoir agi après avoir «reçu un signalement d'un salarié sur le mode d'endormissement des cochons» avant leur abattage.
«S'il n'y a pas de violation de domicile, pourquoi alors avez-vous mis des cagoules ?» a interrogé le conseil de Vincent Harang, directeur de l'abattoir. Avant de dénoncer L214 : «C'est une association antispéciste qui ment, diffame, agresse et viole la loi pénale. Il faut aussi tenir compte des conséquences sur la partie civile.» Et de mentionner que l'abattoir a perdu «quelque 200 000 euros» en raison de la défection de clients, 200 000 euros que l'avocat demande au titre des dommages et intérêts. C'est alors que le procureur a fait intervenir le responsable de la Direction départementale de la protection de la population (DDPP), lequel a avancé que l'établissement n'avait «pas de dysfonctionnements majeurs». Concernant la «violation de domicile», le ministère public a avancé qu'il y avait bien «atteinte à l'intimité». Mais pour Me Lanty, l'avocate d'Arsac, «ce qui intéresse mon client, c'est de montrer les conditions d'abattage des animaux, pas les personnes qui travaillent».Elle a demandé, tout comme sa consœur, la relaxe des deux prévenus. Ces derniers n'ayant aucun antécédent judiciaire, le procureur a requis 15 000 euros d'amende, dont 10 000 avec sursis. Jugement le 9 octobre.




