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Libération

Les organismes HLM en révolte

Publié le 28/09/2017 à 20h36

«Du jamais-vu.» Cris, sifflets, noms d'oiseaux, banderoles, et pour finir une partie des congressistes qui quittent les lieux, laissant le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires devant une salle dégarnie, au Parc des expositions de Strasbourg où se tenait le Congrès annuel des HLM. Julien Denormandie a été conspué tout au long de son intervention. Jean-Louis Dumont, le président de l'Union sociale de l'habitat (USH) qui fédère tous les organismes de HLM, a eu beau intervenir à trois reprises pendant le discours du secrétaire d'Etat pour appeler au calme, la salle a continué à protester.

Il faut dire que la veille, Bercy avait dévoilé le projet de loi de finances 2018 prévoyant une baisse de 1,7 milliard de l’APL des locataires HLM, que les organismes devront compenser par une baisse équivalente des loyers. Et pour 2019 une taille supplémentaire de 1,5 milliard est annoncée.

Dans le monde des bailleurs sociaux, certains considèrent que ces montants sont si extravagants qu'ils témoignent d'une volonté «de détruire le modèle économique et social des HLM». Dans le projet de budget de 2018, Bercy leur fait supporter 11% du total des économies que veut réaliser l'Etat (15 milliards). Mais à Strasbourg, au lendemain de l'annonce de ces coupes claires, Julien Denormandie est venu dire qu'«il n'y aura aucun perdant : ni les bailleurs sociaux, ni les allocataires, ni notre capacité à construire des logements sociaux». Des énormités pour les dirigeants de HLM qui gèrent des organismes de plusieurs dizaines de milliers de logements et savent compter.

«Quand on vient de la société civile, le minimum, c'est d'avoir un peu de formation politique et ne pas provoquer des gens déjà en colère», dit Alain Cacheux, ancien député PS et président de la fédération des offices publics. En traitant avec une grande légèreté le monde des HLM qui gère 4,8 millions de logement pour 11 millions de personnes en lien avec les élus des territoires, le gouvernement commet une erreur politique lourde qu'il risque de regretter à l'avenir.

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