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Libération

Patrick Strzoda, le trait d’union

(Photo Jean-Sébastien Evrard. AFP)
Publié le 12/11/2017 à 20h36

Dans l'appareil d'Etat, il est la courroie de transmission la plus symbolique, le trait d'union entre deux quinquennats placés sous le signe de la menace. Patrick Strzoda, actuel directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, a été successivement l'homme de confiance des gouvernements Ayrault puis Cazeneuve. Enarque, pilote du comité d'organisation des JO d'Albertville en 1992, il est passé par la Drôme, les Hautes-Alpes, la Savoie avant d'être nommé préfet de Corse. En 2013, il arrive en Bretagne à l'heure des Bonnets rouges et des manifestations violentes autour de Notre-Dame-des-Landes. Il y aura ensuite les heurts en marge de la contestation sur la loi travail, réprimés de façon très musclée, à Nantes et Rennes. Au printemps 2016, Strzoda, qui connaît très bien Jean-Yves Le Drian, est promu, nommé à la tête du cabinet de Bernard Cazeneuve à Beauvau. Propulsé à Matignon, Cazeneuve l'emmène dans ses bagages avant qu'Emmanuel Macron ne recrute ce grand commis de l'Etat «qui n'a pas la grosse tête, ce qui est assez rare pour le souligner», vante un ancien de Matignon. Spécialiste des questions régaliennes, Strzoda, 65 ans, fonctionne en binôme avec le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, 44 ans, omniprésent sur les questions économiques. En matière de terrorisme, s'il y en a un qui n'a pas besoin d'être briefé, c'est bien Strzoda : «Il n'assure pas la continuité de l'Etat, il EST la continuité de l'Etat», salue un ex-collaborateur à Beauvau.

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