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Michel Chiron, maire de Val-d’Anast (Ille-et-Vilaine) «On nous dit que la taxe d’habitation sera compensée en 2018, mais ensuite ?»

Publié le 22/11/2017 à 20h26

Depuis le 1er janvier 2017, il ne faut plus dire Maure-de-Bretagne, mais Val-d'Anast, nom né de la fusion de cette commune de 3 400 habitants, reconnaissable à son imposante église du XIXe siècle, avec sa petite voisine Campel (500 habitants). «L'idée était de peser davantage au niveau de la communauté de communes, raconte son maire, Michel Chiron, 71 ans. Mais cela nous permet aussi de faire des économies en mutualisant nos moyens techniques et nos services, tout en obtenant une augmentation de la dotation de l'Etat.»

Pour le reste, les préoccupations de cet ex-directeur administratif et financier de la minoterie locale n'ont pas changé. A commencer par l'isolement de sa commune qui, située à une quarantaine de kilomètres de Rennes et en dehors des grands axes, a quelques difficultés pour attirer les entreprises et doit faire face au manque de transports en commun. «Avec quatre rotations quotidiennes par autocar, la desserte avec Rennes est correcte, explique-t-il. Mais il n'y a aucune liaison avec Redon ou les communes voisines comme Guipry-Messac, à 20 km, où se trouve une gare SNCF.» Cette situation géographique, qui incite la population à fréquenter davantage les commerces du bourg, n'est toutefois pas sans avantages. «Avec la pression financière en bordure de ville, les gens préfèrent aussi venir ici pour acheter des terrains», ajoute Chiron.

La prochaine suppression de la taxe d'habitation («25 % de notre budget» précise l'édile), tout comme la baisse des dotations, sont cependant pour lui source d'inquiétude : «Comment voulez-vous équilibrer les comptes de la commune dans ces conditions ? On nous dit que la taxe d'habitation sera compensée en 2018, mais ensuite ? Aujourd'hui, on n'a plus d'économies possibles. On ne fera plus rien !»Cette inquiétude est d'autant plus forte que Val-d'Anast ne manque pas de projets, comme la création d'une maison médicale. Premier magistrat d'une commune rurale (8 000 hectares pour 4 000 habitants), Michel Chiron, qui se veut résolument sans étiquette, garde en tout cas le plaisir du contact direct avec ses administrés : «On est là pour rendre service et on connaît bien les besoins de la population. Je ne me verrais pas maire d'une commune où on ne connaît pas les gens.»

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