Le ton ? Très très solennel. Le champ lexical ? Musclé à base d'«horreur et honte» ; de «choc culturel» nécessaire, de «grande cause». Le discours d'Emmanuel Macron, samedi, «journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes» restera. De fait, la liste des mesures avancées est épaisse comme un macho harceleur.
Au menu, «trois priorités» : «L'éducation et le combat culturel en faveur de l'égalité» avec des «modules d'enseignement» dans toutes les écoles et un élargissement des pouvoirs du CSA aux vidéos sur Internet et aux jeux vidéo. Deuxième priorité, un «meilleur accompagnement des victimes» et un «renforcement de l'arsenal répressif». Cerise sur le gâteau: un âge en dessous duquel une relation sexuelle entre un majeur et un mineur relève du viol, que le Président souhaite fixer à 15 ans. Champion Macron ? Oui, il fut copieusement applaudi.
Bien beau ce plan, mais qu'en est-il du budget ? Si les associations féministes ont salué «l'engagement du Président», elles réclament plus de moyens. Pour elles, les 420 millions d'euros de budget interministériel annoncés par Macron pour 2018 sont «insuffisants» car ils ne font que s'appuyer sur l'existant, ont résumé la militante féministe Caroline De Haas et la membre du Haut Conseil à l'égalité Ernestine Ronai. Il n'est prévu aucun budget supplémentaire pour les droits des femmes. Pour mémoire, l'Espagne a débloqué cet été 1 milliard sur cinq ans afin de mettre en œuvre son «pacte national contre la violence de genre».
Dessin Dale Edwyn Murray




