Après cinq mois de travaux, les Etats généraux de l’alimentation, qui ont pris fin ce jeudi, laissent une impression d’inachevé. Ils déboucheront sur un projet de loi, au premier semestre 2018, qui obligera les distributeurs à ne plus vendre les produits alimentaires en dessous du prix d’achat majoré de 10 % et encadrera les promotions dans les grandes surfaces. Mais les principaux arbitrages qui concernent la transition écologique de l’agriculture devront attendre plus longtemps.
Ce qui explique probablement l’absence remarquée de Nicolas Hulot jeudi, alors qu’il devait prononcer un discours. Le ministre de la Transition écologique, auquel revient l’idée de ces Etats généraux, a une conception du sujet diamétralement opposée à celle de son productiviste homologue de l’agriculture, Stéphane Travert, qui les a finalement pilotés.
Quelques pistes commencent à être esquissées par le gouvernement : des mesures contre la maltraitance animale et le gaspillage alimentaire, ainsi qu’un plan de développement de l’agriculture biologique, qui sera annoncé d’ici la fin du premier trimestre 2018. De 6,5 % de la surface agricole du pays actuellement, le bio devrait augmenter à 15 % en 2022, avec pour objectif 30 % en 2030. Outre le problème du financement, le plan devra aussi répondre aux grandes disparités qui existent (17 % des fruits et légumes sont bio en France, mais seulement 2,5 % des céréales).
Et le Premier ministre, Edouard Philippe, a indiqué jeudi soir dans son discours de clôture que l'objectif de 50 % de produits bio, locaux ou écologiques dans la restauration collective serait inscrit dans la loi «d'ici la fin du quinquennat». Mais pour Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab, le gouvernement doit avant tout renoncer à raboter les aides : «Le cœur du sujet, c'est le budget qui sera alloué pour aider les productrices et producteurs à changer de système, à savoir les aides à la conversion à l'agriculture biologique», explique-t-elle dans une interview à retrouver en intégralité sur Libération.fr.




